La rentrée

mar. 8 sept. 2026

- Par Sandra DAO - Voilà, c’est la rentrée pour tous, sauf ceux, comme nous, qui accueillent et travaillent en été, bien plus qu’en hiver. Vivant en pleine nature, nous sommes marqués par le rythme des saisons, je dirai donc que c’est un nouveau cycle qui s’enclenche : le passage de l’été à l’automne avec sa ribambelle d’émotions à digérer! Un mois d’août marqué à L’Espace de La Source, du sceau de la famille, celle que l’on retrouve de façon inespérée après tant d’années d’absence et celle que l’on doit malheureusement accepter d’abandonner en Ehpad, le combat avec la maladie d’Alzheimer étant démesurée. Notre fils est reparti dans son lycée d’Embrun, avec l’enthousiasme presque blessant pour des parents qui le voient s’éloigner, de retrouver ses copains et sa vie d’internat. Accepter de lâcher un peu du lien avec tristesse et confiance de le savoir heureux et se rappeler ce qu’a écrit le poète : «  Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie elle même. Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes, car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous. Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier. Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés. L’archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin. Que votre tension par la main de l’archer soit pour la joie ; car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable. » Khalil Gibran Cette première semaine de septembre nous aura comblée du cadeau de recevoir un petit bout de la communauté Wesit, pour trois jours de rencontre, de partage et de méditation. Ce fut simple et intense, et à l’image de sa fondatrice Ilanite, plein de bienveillance. Pour ceux qui ne connaissent pas, Wesit est une communauté de méditation, principalement en ligne, « dont la raison d’être est de faciliter la découverte et la pratique de la méditation au plus grand nombre, de façon à contribuer à un monde plus apaisé et reconnecté, en se basant sur la force du collectif. » écrit Ilanite sur son site. Ce fut doux et joyeux, de barboter dans l’eau du bassin naturel tout en parlant sérieusement de nos expériences, ou parfois très émouvant de sincérité lors des partages à cœurs ouverts. Et il y eut aussi des pointes d’émerveillement, quand à la nuit tombée, couchés en rangs d’oignons, on s’est étalé sur la terrasse pour savourer le ciel étoilé. Découvrir peu à peu des personnes, au fils des conversations, ou des silences : quelle beauté que la communauté ! Et puis notre mère nature toujours aussi généreuse, nous a offert la chance de nous extasier devant la première fleur de « l’hibiscus palustris » ou hibiscus des marais planté dans la phytoépuration reliée au bassin naturel. J’ai découvert une temporalité impressionnante, cette énorme fleur rouge qui s’ouvre en grand, ne dure qu’un jour seulement ! Après tout, les montagnes doivent se dirent la même chose de nos durées de vie, tout ce travail du vivant pour si peu de temps de vie...